Informations sur la corruption

Qu'est-ce que c'est la corruption ?

Transparency International définit la corruption comme l’abus d’un pouvoir confié à des fins privées. 

La corruption peut revêtir de nombreuses formes et inclure des comportements comme celui :

  • des fonctionnaires qui exigent ou acceptent de l’argent ou des faveurs en échange de services,
  • des politiciens utilisant abusivement l’argent public ou accordant des emplois ou des contrats publics à leurs sponsors, amis et familles,
  • des entreprises qui corrompent des fonctionnaires pour obtenir des contrats lucratifs.

La corruption peut se produire partout : dans les entreprises, les gouvernements, les tribunaux, les médias et la société civile, ainsi que dans tous les secteurs, de la santé à l’éducation en passant par les infrastructures et les sports.

La corruption peut impliquer n’importe qui : des politiciens, des fonctionnaires, des agents publics, des hommes d’affaires ou des membres du public.

La corruption se déroule dans l’ombre, souvent avec l’aide de professionnels tels que des banquiers, des avocats, des comptables et des agents immobiliers, des systèmes financiers opaques et des sociétés écrans anonymes qui permettent aux systèmes de corruption de prospérer et aux corrompus de blanchir et de cacher leurs richesses illicites.

La corruption s’adapte à différents contextes et à des circonstances changeantes. Elle peut évoluer en réponse à des changements de règles, de législation et même de technologie.

Pourquoi la corruption est-elle un problème ?

La corruption érode la confiance, affaiblit la démocratie, entrave le développement économique et exacerbe les inégalités, la pauvreté, la division sociale et la crise environnementale.

Les coûts de la corruption peuvent être distingués entre : 

  • Coûts politiques : votre liberté et l’état de droit.
  • Coûts sociaux : votre participation et votre confiance dans l’État.
  • Coûts environnementaux : nos chances d’avoir un environnement et un avenir sains.
  • Coûts économiques : votre chance de construire et de conserver une richesse. 

Concrètement la corruption fait perdre à la Côte d’Ivoire chaque année environ 250 milliards CFA selon des données de la Banque Mondiale. Cette importante perte enregistrée par l’économie ivoirienne fait de la lutte contre la corruption une gageure (un défi majeur) au regard de la persistance du mal qui semble être admis comme un modèle social. Selon le rapport 2020 de l’ONG Transparency International relatif au classement des pays les plus corrompus du monde, la Côte d’Ivoire figure à la 104ème place sur 180 pays avec un indice de perception de la corruption de 36.

Comment lutter contre la corruption ?

La première étape pour lutter la corruption est une plus grande transparence. La transparence consiste à savoir qui, pourquoi, quoi, comment et combien. Cela signifie faire la lumière sur les règles, plans, processus et actions formels et informels. La transparence nous aide, nous, le public, à demander des comptes à tous les pouvoirs pour le bien commun. Avec “Alerte Corruption”, nous voulons créer plus de transparence en montrant où il y a un risque accru de corruption. 

Mais la transparence n’est qu’une première étape dans la lutte contre la corruption. La corruption ne peut être maîtrisée que si les représentants du gouvernement, des entreprises et de la société civile travaillent ensemble pour le bien commun. C’est pourquoi nous travaillons en étroite collaboration avec l’État pour partager nos connaissances et exiger des mesures de Bonne Gouvernance

Qu'est-ce que la Bonne Gouvernance ?

La gouvernance fait référence à l’ensemble des processus de gouvernement, aux institutions, aux processus et pratiques en matière de prise de décision, de réglementation concernant les questions d’intérêt commun. La bonne gouvernance ajoute une dimension normative ou une dimension d’évaluation au processus de gouvernement. Du point de vue des droits de l’homme, elle fait avant tout référence au processus par lequel les institutions publiques conduisent des affaires publiques, gèrent des ressources publiques et garantissent la réalisation des droits de l’homme.

Le Conseil des droits de l’homme a reconnu que les piliers de la bonne gouvernance étaient :

  • la transparence ;
  • la responsabilité ;
  • l’obligation de rendre compte de ses actes ;
  • la participation ;
  • la capacité de répondre aux besoins de la population.

Dans la lutte contre la corruption, les actions menées pour faire advenir la bonne gouvernance reposent sur des principes tels que l’obligation de rendre des comptes, la transparence et la participation pour mettre au point des mesures anticorruption. Au nombre de ces initiatives peuvent figurer la création d’institutions telles que les commissions anticorruption, l’instauration de mécanismes d’échange d’informations, la surveillance de l’utilisation des fonds publics et l’exécution des politiques par les pouvoirs publics.

Sources et liens pour plus d'informations